Qu’est-ce qui est blond, porte une armure jaune et rouge bien criarde avec deux grosses bouliches sur les épaules et un énooooorme canon sur le bras droit ? Non il ne s’agit pas d’un fan éméché du Racing Club de Lens. Je parle plutôt de la chasseuse de prime la moins bavarde de la galaxie : Samus Aran ! Et ici on va causer de Metroid Prime ! Plutôt que de pondre un énième test saoulant d’un jeu sur lequel tout a été dit, je te propose de te raconter comment le jeune sanglier boutonneux est tombé dessus par hasard en 2003 et ce qu’il en a pensé à l’époque.
Au détour d’un Virgin Megastore
Dans cet article écrit avec le cul je vais te raconter un peu ma vie chiante et inintéressante, mais qui aura le mérite de te mettre dans le bain de l’époque de la sortie de certains gros jeux. Et en même temps, ça reste toujours plus intéressant que les mémoires d’une personnalité politique à la con. Tout ça pour dire que mon histoire avec la licence Metroid commence en mars 2003 dans un Virgin Megastore dans le sud de la France. Je viens tout juste de fêter mon 15ᵉ printemps à la fin du mois et j’ai un peu de tune à claquer pour un jeu GameCube, la console ultra puissante du futur que j’ai reçu en cadeau en octobre 2002.
Il s’agit bien de mon dépucelage de Metroid car je n’avais pas trop entendu parler de la série à part dans Smash Bros que je pratiquais depuis son premier épisode sur Nintendo 64. Et là, que vois-je en tête de gondole dans les dernières sorties ? La jaquette de Metroid Prime bien visible. Surtout que j’en avais entendu sur Game One, la chaîne de télé par satellite qui était une source précieuse d’informations avec la presse jeu vidéo.
Oui je sais. Tout cela a disparu au profit du tout internet avec les sites spécialisés et de des vidéos. Au risque de te surprendre, pour une fois, je vais pas faire le vieux con. C’est super tout ça ! Si on exclut les blaireaux vendus aux grosses boîtes de jeux vidéo ou les influenceurs qui enchaînent les vidéos de news pleines de vide. En tout cas, à l’époque, les moyens d’avoir des infos sur les jeux sont très rares. Alors quand tu achètes un jeu au début des années 2000 c’est toujours un peu l’inconnu et la surprise (bonne ou mauvaise). Je me lance dans le bain et j’achète donc l’un de mes deux jeux annuels sans trop savoir à quoi m’en tenir. En route pour Metroid Prime !

First person platformer shooter action à la troisième personne
Le temps de bien mater le dos de la boîte durant le trajet de retour pour rêver un peu et voilà le moment de mettre la galette dans ma GameCube violette branchée sur un écran cathodique récent (avec du 60 Hz s’il vous plaît). Après la cinématique iconique de lancement de la console, je me prends en pleine gueule le menu de Metroid Prime. Le visuel organique dans une atmosphère sanguine. La musique électronique planante. Putain ! J’ai même pas commencé à jouer que je suis déjà sur le cul. Pour un jeu Nintendo je ne m’attendais pas du tout à ce genre d’ambiance. Limite je flippe même, moi qui évite les survival horror comme la peste depuis toujours.
Je lance une nouvelle partie et en route pour la première séquence sur le vaisseau des pirates. J’avais bien compris que c’était une vue à la première personne mais je m’attendais plutôt à un FPS bourrin dans l’espace. Mais dès les premières minutes de jeu je me rends contre que c’est pas du tout ça. Les déplacements sont assez lents, il y a un verrouillage de visée comme dans Zelda Ocarina of Time, il y a une chiée de trucs à scanner, tu as aussi des passages à la troisième personne en boule morphing. Tu peux même sauter ! Rien à voir avec un Doom-like comme on disait à l’époque. Le ton est donné dans le tutoriel. C’est bien un jeu d’aventure à la première personne. C’est parti pour Tallon IV !

Quel Tallon !
Le vaisseau de Samus (qui ne ressemble à rien) se pose avec la grâce d’un canard tiré au plomb de chasse sur la planète Tallon IV. L’héroïne s’expulse de son appareil dans une gerbe d’effets visuels et audio, probablement pour masquer un petit chargement de la zone. C’est là que je me suis pris la plus grosse baffe dans la face en jouant à Metroid Prime. Visuellement déjà. La zone qui sert de hub sur Tallon IV est aussi organique et vivante que la narine purulente d’un trader défoncé à la coke. Des plantes géantes bien vertes. Des bestioles bizarres. Des espèces de poches vibrantes et dégoulinant dans liquide épais et doré. Et la pluie putain ! C’est con mais je suis resté émerveillé à l’époque sur le bête (mais efficace) effet de gouttes sur la visière du casque de Samus. Idem pour le reflet du visage de la chasseuse de prime quand tu utilises ton gros rayon bien chargé. En fait le jeu est tout simplement magnifique pour le début des années 2000. La GameCube nous régale les yeux et montre les muscles graphiquement. Une prouesse que cet arnaqueur de Nintendo a été incapable de reproduire avec ses consoles suivantes.
En plus de l’ambiance visuelle il y a le son bordel ! C’est encore une foutue claque pour le sanglier adolescent que j’étais en 2003. Les effets sonores sont omniprésents entre le bruit des créatures, de l’environnement, celui de tes armes et accessoires. Mieux que l’ambiance promo de merguez au rayon charcuterie de ton supermarché de plouc. Tu t’immerges jusqu’au cou dans la vie de Tallon IV. Même sur un minuscule écran cathodique avec le son de la qualité d’un baladeur CD Temu. La musique électro planante du hub rajoute une couche à ce trip de dingue sur la planète qui restent dans mon petit cervelet porcin. Chaque biome/niveau à sa musique iconique. Plus de 20 ans après je me souviens encore du thème des cavernes du Magmoor avec ses premières notes de vieux métronome.

J’ai peur tout seul
Un autre sentiment qui a poursuivi le jeune sanglier pleutre que j’étais (et que je suis toujours) c’est celui de la solitude. Pas un PNJ pour causer, pas un allier pour t’aider à flinguer du pirate de l’espace. Même pas une casse couille comme Fay ou Navy pour te dire ce que tu dois faire ! Tu parcours donc les multiples couloirs des différents biomes de Tallon IV tout seul. Et quand la lumière s’éteint et que des ennemis invisibles te canardent il vaut mieux avoir un slip de rechange quand on est une flippète comme moi. Il suffit la plupart du temps d’avoir le bon viseur (rayon X, thermique) et le bon rayon mais ça fait quand même son effet. L’effet de solitude est encore plus prononcé dans les combats de boss. Et je déteste les boss !

Pas fini
Début 2000 je me balade donc en flippant dans Metroid Prime. J’avance lentement dans le jeu parce que je suis mauvais et aussi parce que je ne suis pas du tout familier de la logique des metroidvania. Au final j’étais comme un putain de hamster dans un labyrinthe pour demeuré. Je n’ai pas du tout à l’esprit que tout le level design coule de source et que je n’ai que rarement besoin de retourner en arrière pour continuer. Tout est fait pour que cela s’enchaîne de façon fluide.
Après des dizaines d’heures de jeu laborieuses j’arrive à l’un des derniers boss du jeu : le pirate oméga. Le foutu putain d’enfant de salaud de pirate oméga de mon cul. Je pense que je me suis tapé une bonne quinzaine d’essais sur cette grosse merde. Impossible de le battre. Je n’y arrive tout simplement pas. Je lâche le jeu. Surtout que Zelda The Wind Waker vient de sortir et son univers cartoon rassurant convient beaucoup mieux à un sanglier adolescent peureux.

Remaster of puppets
20 ans après sa sortie (2023), Nintendo trait la vache à lait que nous sommes en remasterisant Metroid Prime pour la Switch. Au programme, un simple lissage graphique et quelques galeries bonus pas très intéressantes. Un jeu vendu 40 balles sans honte. Et acheté benoîtement par ton serviteur sans goût. En tout cas, c’est l’occasion pour moi de me replonger dans le jeu pour te sortir ce test nostalgique mal branlé.
Malgré, ou grâce à, la pauvreté des améliorations apportées à la version GameCube, je replonge immédiatement dans l’ambiance et dans les souvenirs. D’un point de vue visuel bien évidemment mais surtout grâce à la musique. La différence cette fois c’est que j’ai 20 ans de jeu vidéo en plus dans les doigts (mais pas plus de courage) alors ça dépote ! En 12 heures je suis devant ce fils de pute de pirate Omega. En deux essais je le renvoie téter sa mère. Après 15 heures le jeu est torché. Un blocage vidéoludique d’adolescence résolu 20 ans après. Dois-je attendre un remaster de Metroid Prime 2 pour arriver à aller plus loin que sa moitié ?

Le verdict du sanglier

En 2003 Metroid Prime m’a donné une grande baffe dans la gueule avec son ambiance fascinante, sa réalisation magnifique et son mélange d’action et d’aventure à la première personne innovant pour l’époque. Ça reste un grand jeu de la GameCube à une époque où Nintendo n’hésitait pas à chambouler ses grosses licences. Et cela malgré ma frustration de ne pas avoir réussi à finir le jeu. La version remaster ne sert à rien sinon à le mettre à disposition de celles et ceux qui n’ont pas pu y jouer sur GameCube. Et aussi pour les ados attardés comme moi qui veulent enfin le terminer.

Comment qu’il y a joué le sanglier ?
| Version | Remastered |
| Temps de jeu | 20 h sur GameCube et 15h sur Switch |
| Plateforme de test | GameCube et Nintendo Switch |
| Multijoueur | Non |
