Gears of War

Gears of War

Qui veut la guerre prépare la guerre

Gears of War déboule en fanfare, et surtout en exclusivité, en 2006 sur la grosse console ricaine du moment, la bien heureuse Xbox 360. Le studio Epic Games est aux manettes de ce TPS bien bourrin qui a l’époque fait figure de démo technique pour la pimpante console de Microsoft qui doit encore faire ses preuves. La recette de Gears of War est aussi simpliste qu’un programme politique d’extrême droite soit un scénario qui tient sur un demi timbre poste, des bonshommes avec des gros muscles, des énooooormes flingues et des explosions à ne plus savoir qu’en foutre. Tu la sens la bonne odeur fétide militariste des États-Unis ? Putain ça donne presque l’envie de s’enrôler chez les marines. Surtout avec un scénario aussi bas du front. Mais l’est-il vraiment ?

Pour faire court, des nations humaines de la planète Sera se foutent sur la gueule pour exploiter l’imulsion. Ce truc est une ressource énergétique puisée dans le sous-sol. Hum… Ça me rappelle vaguement un truc de notre planète. En tout cas, en perçant la planète comme un gruyère, ces couillons d’humains ont défoncé une race intelligente vivant sous terre : les Locustes. Exposés à l’imulsion, les Locustes mutent et décident d’aller défoncer les humains. Gears of War débute alors que les humains se battent pour leur survie. Et toi petit marcassin dans tout ça tu incarnes Marcus Fenix. Un gros malabar des forces spéciales incarcéré pour avoir désobéi aux ordres et finalement réintégré pour poutrer du Locuste. Merde ! Enfin un jeu où tu incarnes les méchants !

Voilà ce pourquoi tu charcutes des Locustes à coup de tronçonneuse : des flaques de pisse sous terre.

Il flinguait, il flingue, il flinguera

T’inquiète pas pour ce titre mal foutu. C’est juste pour parler du gameplay de ce jeu de tir à la troisième personne (TPS pour celles et ceux qui ne savent pas parler français). Dans Gears of War donc, la caméra du mec invisible qui suit les déplacements de ton gros balèze, se cale au niveau de l’épaule et scrute le moindre de tes mouvements. Quand tu gigotes. Ou si tu passes un obstacle. Quand ça pète de partout aussi. Quand tu vas chier. Rien de neuf sous le soleil du TPS mais les petits effets de zoom et de tremblement font leur effet. On s’en branle ? Ouais t’as raison.

Ce qui nous intéresse c’est les flingues putain ! Leur nombre n’est pas bien grand (une dizaine) mais chacune a son ressenti particulier. Mention spéciale à l’arbalète et au pistolet. Et puis il y a l’arme signature de la série Gears of War. Tu trouves que la baïonnette est désuète et peu menaçante ? Alors fourre une tronçonneuse de bûcheron canadien sur ta mitrailleuse lourde favorite ! Car oui, quand les Locustes veulent faire un zouk love sensuel collé-serré avec ton avatar, rien ne vaut un bon coup de tronçonneuse pour les repousser dans la paix et l’amour (du massacre).

Côté maniabilité, on peut dire que notre gros bonhomme à la démarche de sa carrure. C’est lourd, c’est lent. Même quand tu tapes un sprint. C’est foutrement chiant quand tu te fais tirer dessus par les gueules d’hémorroïdes d’en face. Mais finalement ça te met bien dans l’ambiance et t’oblige à bien réfléchir tes placements et déplacements. Nous sommes bien loin du maniement des autres TPS de cette époque comme Just Cause ou Crackdown mais c’est pour notre plaisir ludique petit marcassin !

Ah le doux bruit du corps de Locuste coupé en deux !

Hache dé

L’un des points fort de Gears of War est son aspect cinématographique. Imagine-toi au début du 21ème siècle à une époque où seules les cinématiques les plus léchées donnaient une impression de toucher au Graal des graphismes dignes du cinéma. Avec son interface discrète, voire invisible, et ses angles de caméra dignes de la dernière superproduction Transformers pour cerveau atrophié, Gears of War nous donne l’impression de jouer dans un film hollywoodien.

En plus d’une production façon cinoche, Gears of War fait office d’homme sandwich pour la jeune Xbox 360. Il faut ce souvenir qu’à l’époque les grosses télés catholdiques baveuses dominent les foyers, et que la HD est un concept aussi abstrait que l’intelligence chez un influenceur exiléfiscal. Et de la HD la Xbox 360 essaye d’en revendre. Les plus riches des années 2000 ont pu ainsi s’esbaudir devant la finesse des textures sur les premiers écrans équipés de prise HDMI. Tandis que les pauvres se tapaient une résolution à gerber avec une bonne vieille prise péritel. Et les étudiants comme moi avaient une Wii avec des graphismes de GameCube et n’en avaient rien à branler de la HD.

C’est plutôt beau non cette version Ultimate ? Je parle des graphismes hein, pas de l’architecture soviétique.

Un c’est bien, deux c’est mieux

Gears of War est bien mais pas top à jouer en solo. Les phases de flingue classique s’étoffent d’une séquence en véhicule pas ouf et de quelques boss pas trop casse bonbon (je déteste les boss d’une façon générale). Par contre, plusieurs fois se radine un passage absolument chiant. Une bestiole dégueulasse surgit (le berserker) et te course. Si le monstros te choppe fais gaffe à ton fion. C’est la mort immédiate. Je m’étale un peu sur ces passages parce qu’ils m’ont profondément gavé. Au point que j’ai eu plusieurs fois l’envie très forte de lâcher le jeu comme Macron a lâché l’écologie. Je ne suis pas du tout un putain de joueur hardcore de TPS donc un truc aussi frustrant c’est un bon motif pour lâcher un jeu.

Heureusement, pour palier à la solitude de certains passages difficiles ou trop casse couilles, le jeu propose un mode coopératif en écran divisé. Là on touche vraiment au cœur de Gears of War. Baiser du Locuste à deux est bien plus plaisant que tout seul. Les choix de passage proposés tout au long du jeu prennent une nouvelle saveur. Ce mode permet aussi de tester des niveaux de difficulté un peu plus poilus. Même un boulet comme moi a pu se frotter au niveau de difficulté max avec un collègue beaucoup plus doué que moi. Vraiment, pour moi qui ne suis pas très fan des TPS, le jeu solo est moyen. Par contre en coop je trouve Gear of War carrément bon.

Oui. Même entre deux gros baraqués bourrés d’hormones de synthèse il peut y avoir des bromances.

Le verdict du sanglier

J’ai du mal à donner un avis sur Gears of War. Le côté soldat amerloque bodybuildé me fait royalement chier mais lorsqu’on gratte un peu le lore est plutôt intéressant. Le jeu est beau que ce soit la version d’origine de 2006 ou le remaster (Ultimate) de 2015, sans parler de la version Reloaded sur PS5 de 2025. Le mode solo est bien sans plus avec des passages vraiment frustrants qui m’ont quasiment fait lâcher le jeu. Mais en coop c’est un putain de régal ! Alors remet de l’essence dans ta tronçonneuse et prépare-toi pour Gears of War 2 !

Noooooon !!! Pas encore la berserker !!!! J’espère qu’il n’y en a pas dans le deuxième épisode.

Comment qu’il y a joué le sanglier ?

VersionUltimate (Xbox One)
Temps de jeu5 heures en solo et 5 heures en solo
Plateforme de testXbox Series X
MultijoueurOui (coop)

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