Le gros sanglier satanique que je suis joue religieusement à Diablo depuis la sortie de Diablo 2 en 2000 sur lequel je dois avoir un bon millier d’heures. Quand sa suite Diablo 3 sort en 2013 je me rue dessus comme la misère sur le tiers monde et y passe au fil des années une tétra chiée d’heures à poutrer du démon à tour de bras. Voici ce que je retiens de cet opus si mal aimé par certains et pourtant bourré de qualités.
Une venue au monde dans la douleur
Imagine un chihuahua se faisant engrosser de manière brutale par un loup géant façon Game of Thrones et accouchant dans la douleur d’un rejeton maudit deux fois plus gros que son corps. Eh bien l’histoire du développement de Diablo 3 y ressemble beaucoup. Depuis les prémices directement après la sortie de l’extension Lord of Destruction de Diablo 2 en 2001, jusqu’à la sortie de Diablo 3 en 2012, c’est un chemin de croix chiasseux et purulent qu’à parcouru le développement du jeu. Fermeture de studios, remise à zéro du projet, revirements de direction artistique, rien n’est épargné pour le troisième opus du cocu le plus cornu des enfers.
Malgré tout cela, c’est un jeu bel bien terminé qui arrive sur les ordinateurs en 2012. Et surtout, c’est un portage particulièrement bien branlé qui sort en 2013 sur PlayStation 3 et Xbox 360. Il faut noter, petit marcassin, que nous sommes face ici au grand retour de Diablo sur les consoles depuis le premier épisode sur PlayStation en 1998. Plongeons donc dans le palpitant match de MMA entre anges et démons qu’est Diablo 3, avec au milieu ces couillons d’humains qui servent d’arbitre et de chaire à pâté.

L’histoire de Sanctuaire pour les nuls
C’est l’un des gros changements de Diablo 3 par rapport à son ascendance : il y a un scénario plus fouillé et les éléments de lore sur l’univers de la franchise nous arrivent régulièrement à la face. Le scénario déjà n’est pas un simple enchaînement de démons très très très méchants à buter avec Diablo en bout de chaîne. Les démons primordiaux sont de retour mais pas n’importe comment et le récit fait suite aux événements de Diablo 2 20 ans après. Comme la suite des Trois mousquetaires mais en moins subtil quand même hein. Tout commence dans la région de Tristram pour la troisième fois et se termine bien évidemment en quatre actes avec le retour de Diablo version super saiyan 4 (sans la coupe de cheveux Tecktonik). En bien sûr en bonus un acte 5 (DLC) avec un grand méchant qu’on avait pas vu venir. Rien de neuf sous le soleil. Si ce n’est que le rôle des anges est ici beaucoup plus présent et surtout ambigu. Ces connards aillés ont en fait bien envie de nous (les humains) la mettre profond.
Tout ce bazar se traduit donc par plus de narration mais avec des dialogues et passages scriptés un peu chiants en mode campagne. Le lore se dévoile petit à petit en récoltant des livres et en écoutant des récits. Finalement tu en apprends énormément sur Sanctuaire (le nom du monde de la licence Diablo) tout en continuant tranquillement à dépeupler la surface du globe de ses démons dégueulasses.

World of Diablo
Au moment de la sortie de Diablo 3, la branche la plus dure (et la plus conne) des fans de la licence s’est sentie défaillir face à la direction artistique du jeu. Décidément il ne faut pas grand-chose pour lancer un drama pour des conneries. Je m’explique petit marcassin. La direction artistique de Diablo 3 est plus cartoonesque que celle de Diablo 2 à la bouillie de pixels beaucoup plus sombre. Cela n’enlève rien à l’ambiance gore et gothique de cet opus. Je te rassure, tu traverses toujours des enfilades de salles de tortures, de souterrains souillés de traces de sangs et les ennemis meurent en laissant toujours autant de viscères et de fluides corporels. C’est vrai que la palette colorirmétrique est plus variée. Mais un peu de couleurs au début des années 2010 ça change des jeux HD teintés chiasse d’hémorroïdes.
Côté design de l’environnement, les niveaux sont plus grands avec des décors détaillés. J’ai bien kiffé la gestion de la profondeur de l’arrière-plan avec une verticalité plus prononcée. Il y a aussi du mouvement dans l’arrière-plan ce qui rend plus dynamique et vivant l’ensemble. On est loin d’une peinture flamande sombre du 17ème siècle avec des personnages qui font la gueule mais c’est pas plus mal. Une autre évolution remarquable entre D2 en 2D et D3 en 3D est la représentation des personnages et de leur équipement. Les armes sont bien grosses, les pièces d’armure sont légèrement disproportionnées. Un petit sentiment de perso Warcraft vient chatouiller la rétine. D’ailleurs c’est globalement dans tout le jeu que tu sens la patte World of Warcraft. Et en même temps, vu le tapage sur le MMORPG de Blizzard en perte de vitesse au début des années 2010 et les mouvements dans l’équipe de développement cela n’est pas foutrement surprenant.

Bordel à l’écran, jouissance en jouant
C’est le bordel à l’écran et c’est toujours aussi bon. Ben oui. Tu ne peux pas détruire la population de l’enfer sans que ce soit une célébration de victoire du PSG en Ligue des champions à l’écran. Il est parfois difficile de repérer son personnage dans la masse de monstres beuglants et d’attaques dévastatrices. Mais au final n’est-ce pas ça que l’on attend de ce type de jeu défouloir bien bourrin ? Heureusement, l’interface claire nous montre bien où en sont les temps d’attente pour nos sorts et sur quelle touche appuyer.
Côté jouabilité c’est très différent entre les versions PC et console. Sur PC tu as le droit à un maniement à la souris classique mais super adapté pour éviscérer du démon par millier. Sur console les hack’n slash ont généralement une jouabilité pas ouf et un peu lourde sans souris. Et encore une fois Diablo 3 vient tout bousculer et fournir une vraie adaptation pour le jeu à la manette. C’est bien fait et c’est un foutu régale avec notamment un bouton d’esquive bien exploité.

Malheureusement il faut sacrifier de la liberté de personnalisation des compétences car, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, il y a moins de boutons sur une manette que sur un clavier. D’ailleurs l’arbre de compétences de Diablo 2, bien prise de tête à compléter, a disparu. À la place tu débloques toutes les compétences au fil des niveaux et tu fais des choix d’option des compétences. C’est trop simplifier à mon goût porcin. J’aimais bien le côté puriste RPG de Diablo 2 avec ses points de statistique et de compétences à choisir méticuleusement, sans retour en arrière possible. Tu construisais vraiment ton putain de perso bordel ! Ici on est dans la simplification pour joueur occasionnel et toucher plus de monde. Allez, faut être tolérant et ouvrir le jeu pour des gens qui n’ont pas 200 heures à passer sur le jeu. Mais ça m’emmerde quand même.
Le mode à Lorient
Non, je ne m’excuserai pas pour ce jeu de mots que seuls les esprits les plus débiles comme le mien peuvent comprendre (indice : this is the way). Tu l’auras sûrement compris, je vais te causer ici de la diversité des modes de jeu de Diablo 3. Et on peut dire que ce jeu est loin d’être démodé (oh oh) ! OK je sors… Tout d’abord tu as le droit au mode Campagne. En fait t’as pas le choix. C’est un foutu gros tuto scénarisé qui ter permets de monter ton perso au niveau max (70) et de tester les différentes compétences. Plusieurs dizaines d’heures comme un cours au lycée mais en beaucoup moins chiant. Finalement le jeu commence vraiment quand tu as accès au mode Aventure et aux Failles probatoires. À ce moment tu tombes dans le hack’n slash hardcore à l’ancienne. Des centaines d’heures passées à défoncer des dizaines de milliers de monstres dans l’espoir de voir tomber un pauvre objet orange surpuissant. Oui, je sais, c’est sacrément bas du front comme boucle de gameplay. J’adore ! Mais pour la plupart des joueurs moins monomaniaques le mode Campagne est largement suffisant pour s’amuser.
Il y a un autre truc important à propos de la série Diablo : le niveau de difficulté. Dans papy Diablo 2 tu avais le choix entre trois difficultés : Normal, Cauchemar et Enfer. Ici ce n’est pas trois ni quatre ou même cinq niveaux de difficulté qui t’attendent mais 17 ! Évidemment, plus c’est dur et plus tu as d’expérience, d’argent et de chance d’avoir des objets rares et puissants. Parce qu‘avec Diablo, si tu as signé, c’est pour en chier ! Et si tu n’en as pas assez, il y a aussi tout un système de saisons apparu plus tard. Un truc lambda bien de l’époque pour tenir captif les joueurs.

Le verdict du sanglier

Difficile de passer après le mythe Diablo 2 surtout en voulant plaire au plus grand nombre. Pourtant Diablo 3 est un très bon hack’n slash bien ancré dans son époque. L’ambiance Diablo est bien présente quoi qu’en disent les détracteurs de la direction artistique. Mais il a un putain de gros défaut pour que je puisse vraiment l’apprécier : la forte simplification du côté RPG côté compétences et statistiques du perso. Et puis j’aimais bien la gestion de l’inventaire dans le jeu précédent putain ! Bref, je suis qu’un vieux naze qui va retourner jouer à Diablo 2 sans faire chier son monde.

Comment qu’il y a joué le sanglier ?
| Version | Eternal Collection (avec les deux DLC Reaper of Souls et Le retour du nécromancien) |
| Temps de jeu | 70 h (XB 360) + 150 h (XB One) + 30 h (Switch) + 80 h (PS 4) |
| Plateformes de test | Xbox 360, Xbox One, Nintendo Switch, PlayStation 4 |
| Multijoueur | Oui |
