The Legend of Zelda Oracle of Ages

The Legend of Zelda Oracle of Ages

Quand Nintendo lâche les commandes

Dans la série The Legend Of Zelda il existe des anomalies. Des moments où Nintendo renonce à son droit divin sur cette licence mythique. Des instants fugaces où notre vieux tonton d’Osaka pète un câble et laisse d’autres studios que les leurs se branler du code pour gicler un jeu avec leurs plus grandes figures de proue. Et je ne parle pas du viol vidéoludique que constituent les trois jeux Zelda sortis sur la CDI de Philips. Non. Ici je parle du duo de jeux merveilleux développés par le studio Flagship de Capcom et sortis sur Game Boy Color en 2001 : Oracle of Seasons et Oracle of Ages.

À l’origine trois jeux étaient prévus (et même six au tout début du partenariat entre Capcom et Nintendo). Chacun devait faire référence à l’un des trois aspects de la Triforce et aux trois déesses idoines : Din pour la force, Farore pour le courage et Nayru pour la sagesse. Une version bleue (Oracle of Ages, force, Din) et une version rouge (Oracle of Seasons, sagesse, Nayru). Il y aurait même dû y avoir une version verte (courage, Farore) mais qui a été annulée. Tiens, tiens, ça ressemble vachement à la stratégie marketing bien bâtarde de la série Pokémon pour te vendre des cartouches sans grandes différences à part quelques monstres à la con qui diffèrent. Mais non ! Ici ce sont deux vrais jeux indépendants avec une histoire et une mécanique centrale différente. Et dans ce test mal branler nous allons nous intéresser à Oracle of Ages dont la mécanique principale repose sur le temps.

Putain ! Ce jeu Game Boy est magnifique ! Ah non c’est une cinématique… et en plus c’est hideux quand on s’approche un peu trop…

Scène à Rio ?

C’est bien connu, les scénarios des jeux Zelda ont presque toujours la profondeur d’un pédiluve. Et Oracle of Ages ne vient pas bousculer cette tradition séculaire. Voici un court résumé de l’histoire médiocre pétée du cerveau de cet opus.

Tout commence avec notre pépère Link qui est téléporté par la Triforce dans le royaume de Labrynna. Mouais… À peine arrivé dans ce nouveau monde, une vieille peau (Impa) nous dit qu’elle cherche une jeune musicienne dans la forêt. C’est un peu louche quand même. Quelques pas dans les bois et nous débouchons dans une clairière où une espèce de hippie aux cheveux bleus (Nayru) joue de la harpe pour des bestiaux à la con. Et puis une méchante sorcière très méchante (Veran) prend possession de la hippie et l’emmène dans le passé pour construire une immense tour phallique sombre. Ton job en tant que lutin vert pubère et de sauver la gentille et de battre la méchante. Voilà, ça c’est fait. Passons au plus intéressant : les mécaniques et le gameplay !

Mais qui est cette mauvaise chanteuse qui casse les couilles aux pauvres animaux de la forêt qui n’ont rien demandé ?

Partir un jour sans retour

Comme je l’ai dit plus tôt (tu suis oui petit marcassin ?!) la mécanique principale de ce Zelda repose sur le voyage dans le temps. Avant Oracle of Ages la série avait déjà fait mumuse avec le temps en 1998 dans l’épisode Ocarina of Time sur Nintendo 64. Est-ce que Capcom nous ressert la même mécanique à peine trois ans plus tard ? Et bien oui. Mais avec une micro subtilité. Dans Oracle of Ages tu ne voyages pas dans le futur mais dans le passé. Wahoo ça n’a rien à voir ! C’est trop original ! Ou pas. En fait ça ressemble aussi au monde parallèle de A Link To The Past (1992).

Bref, pas de grande nouveauté avec les deux cartes proposées. Par contre, là où Capcom est balèze c’est pour nous proposer ça dans une minuscule cartouche de Game Boy Color. Pour l’époque le petit marcassin que j’étais (et qui n’avait pas encore de Game Boy Advance) était foutrement émerveillé. Le voyage dans le temps est amené de façon plutôt progressive et il faut attendre la seconde moitié du jeu pour pouvoir changer librement d’époque. Forcément, en voyageant dans le passé l’environnement change. Les parkings redeviennent des forêts. Le littoral n’est plus bétonné. Et tu peux même essayer de tuer Hitler ! Ah non merde, tout ça c’est dans la vraie vie… Dans Oracle of Ages c’est plutôt le chemin, les constructions et les PNJ qui changent. Mieux que ça, c’est toute l’atmosphère qui change avec une ambiance plus oppressante dans le passé.

Avant/après. Mieux qu’un ravalement de façade d’influenceuse au botox.

Colique dans les prés

Comme dans tout bon épisode Zelda qui se respecte, dans Oracles of Ages il faut se taper un bon bout de randonnée pour parcourir le monde de Labrynna. Inutile de mettre ton legging troué et tes chaussures Décathlon bas de gamme faites par des esclaves. Une foutre-Dieu de croix directionnelle façon années 1990 suffit largement. Et là j’ai envie de te partager le sentiment du jeune marcassin de 13 ans qui a matraqué le jeu sur ça Game Boy Color violet transparent. Avoir un jeu avec autant de liberté dans un monde coloré et dense était un véritable plaisir. Link’s Awakening avait ouvert la voie quelques années plus tôt dans sa version colorée mais Capcom, comme un catcheur hors la loi qui vient frapper son ennemi à terre, améliore la formule.

Tout ce blabla pour te dire que le monde de Labrynna était un véritable plaisir à parcourir en 2001 et l’est toujours aujourd’hui. La Game Boy crache des environnements colorés et diversifiés à la façon d’un branleur en survêt qui crache dans la rue. Petit bémol sur le bestiaire qui reste très classique, respectant le dogme religieux du culte de la princesse blonde à la lettre (a noté que c’est un Zelda sans Zelda). Côté quêtes annexes c’est un peu chiche aussi. Mais là franchement je suis un peu (beaucoup) un gros con malhonnête parce que le contenu global est vachement généreux pour une vieille cartouche de quelques mégas octets. D’ailleurs ce sont surtout les donjons (au nombre de huit) qui forment le plat principal de Oracle of Ages.

J’adore me promener dans le village Zora. Sauf quand le roi se fait dessus.

Donjon & tromblon

Les donjons dans Zelda c’est comme les conflits d’intérêt en politique. Si tu les enlèves tout s’effondre. Et les donjons de Oracle of Ages sont globalement bons mais quand même assez inégaux. Les quatre premiers sont bien mais pas top avec un déroulement trop simple même si certains restent originaux. Les donjons suivants sont beaucoup mieux, avec une construction plus complexe et des énigmes plus poussées qui ont parfois mis à mal les deux neurones atrophiés du cochon sauvage que je suis. Le plus gros point noir est que le voyage dans le temps n’est quasiment pas utilisé durant les donjons, excepté dans la caverne de la sirène. Par contre, l’alternance de passage en vue du dessus et en vue de côté fait bien zizir. Idem avec les passages sous l’eau qui sont bien foutus.

Côté boss c’est un peu comme le cours de la cryptomonnaie de mes deux : ça varie énormément. Certains sont plutôt originaux comme celui du Donjon des ailes avec une vue de côté ou à celui de la Tombe ancienne en plusieurs phases. Un bon paquet sont juste lambda et peu inspirés comme un film Marvel.

Un boss en vue de côté bien sympatoche. Pourquoi il fait la même tête que moi quand je vais chier ?

Pas facile facile ce foutu jeu de vieux

Ce qui me fait replonger la tête là première dans les années du baggy XXL et du mauvais RnB français c’est la difficulté de Oracle of Ages. Attention ! C’est pas non plus super chaud hein ? D’autant plus que je suis pas très bon en jeu vidéo malgré plus de trente ans de pratique. Pour l’époque c’est un jeu de difficulté moyenne je dirais. Seulement, aujourd’hui, les adultes comme les gosses sont biberonnés aux jeux faciles où tu peux régler la difficulté des fois que tu partes bouder parce qu’il t’a fallu plus d’un essai pour battre un boss. Mais à l’époque petit marcassin tu n’avais pas un nouveau jeu par semaine, non monsieur ! Tu en avais deux ou trois par an avec de la chance si tu n’étais pas un putain de gosse de riche. Donc tu ponçais tes quelques malheureux jeux durement acquis, quitte à rester coincé au premier niveau ou à refaire le même jeu dix fois.

Malgré tout ce parcours du con battant pixelisé, Capcom prend soin des apôtres de Zelda. En effet, si tu arrives à bout de Oracle of Ages tu auras le droit à un joli petit code à utiliser dans Oracle of Seasons pour récupérer ta sauvegarde. Et si tu arrives au bout du second jeu tu as le droit à un combat de boss supplémentaire ! Ouais ! Mais ceci est une autre histoire…

Ce passage de dance Goron est atroce. Et en plus il faut le faire deux fois. La torture façon Zelda.

Le verdict du sanglier

Ce Zelda version Capcom est un digne héritier de Link’s Awakening. Il nous offre une belle balade zeldatesque bien sous tout rapport. Ça sent la grosse maîtrise qui tâche d’une console au stade de EHPAD avec un pied dans la tombe du cercueil du cimetierre. Oracle of Ages était déjà daté à sa sortie vu son classicisme et malgré toutes ses qualités. La Game Boy Advance était déjà sortie et montrait ses gros muscles tout mous à sa vieille grande sœur. Mais le jeune marcassin que j’étais à l’époque était déjà un adepte au cerveau lavé de Zelda et cette aventure garde une place importante dans mon cœur porcin. Et surtout je n’avais de Game Boy Advance…

Comment qu’il y a joué le sanglier ?

VersionGame Boy Color
Temps de jeuEnviron 20 h (parce que je suis mauvais)
Plateforme de testNintendo Switch
Multijoueur

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